Les Tours Gabarre, bientôt un souvenir

Cette année la démolition des 3 tours Gabarre, à Pointe-à-Pitre, sera lancée. Il s’agit du plus gros chantier de démolition sur le territoire
jamais entrepris … Et la disparition de presque 50 ans d’histoire.

Un peu d’histoire

Gab 1 CopierSous l’impulsion du maire Louis Dessout, dès 1962, une grande opération d’urbanisme est lancée à Pointe-à-Pitre, fortement relayée par Henri Bangou. L’objectif est double : augmenter l’espace vital de la ville et remplacer les cases de l’Assainissement par les logements plus salubres et accessibles aux faibles revenus. Le quartier de Lauricisque devient alors une cité « Transit ». Jusqu’à la fin des années 60, la mairie y a implanté 2 000 nouvelles cases et réalisé les infrastructures autour. Malheureusement, la surpopulation et les conditions extrêmement modestes de ces habitants en feront des taudis. Et si plusieurs écoles voient le jour, leur fréquentation est irrégulière et beaucoup d’enfants ne seront pas instruits correctement.

Gab 2 CopierPourtant la ville continue son essor. En 1970, elle compte 30 000 résidents et reçoit chaque jour plus de 70 000 personnes qui viennent y travailler, soit 20% de la population du territoire Guadeloupéen.

Pour répondre à un besoin vital, entre 1972 et 1975, la SA HLM de la Guadeloupe (aujourd’hui SIKOA) va construire trois tours identiques de 19 étages (les plus hautes des Départements Français d’Amérique) aux abords du quartier de Lauricisque. Ces tours « Gabarre », à loyer réduit, avec tout le confort, doivent accueillir en priorité les décasés.
Pour certains, c’est une formidable opportunité, pour d’autres c’est une réelle phobie que constitue ce nouveau mode d’habitat, la peur de voir ces tours s’enfoncer dans le sol ou s’effondrer en cas de tremblement de terre. Néanmoins, très vite se mélange à ces premiers
locataires, d’autres profils de résidants, comme ces fonctionnaires qui résident alors à la campagne et les artisans heureux de trouver une zone centrale pour le rayonnement de leur activité. L’arrivée de ces nouvelles catégories socio professionnelles contribueront à relever le caractère jusque-là très social de ces édifices. Les tours gabarre, prennent leur essor et connaissent des jours de gloire.

Gab 3 CopierAu fur et à mesure des années, le profil des locataires évolue : taux de chômage élevé, familles nombreuses et monoparentales, prémisses d’insécurité… les interactions fortes avec l’extérieur- économies souterraines en tout genre se développent. Les interventions
ponctuelles ne suffisent plus. Ce qui pose d’ailleurs de graves problèmes aux personnes qui habitent les Tours ou qui y sont employées, et par contrecoup à ce patrimoine locatif social.
Ces évolutions négatives ont leurs conséquences sur l’occupation humaine des résidences. Les taux de vacance deviennent élevés, tant ceux du logement social que des logements privés.

Gab 4 CopierLes choix architecturaux qui avaient fait la gloire du quartier entraînent maintenant son décri, donc son déclin. En 2016, la démolition des 3 tours est validée.

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